Affichage des prix restaurant : ce qui doit être visible de la rue

Mis à jour le 22 septembre 2026

C’est l’obligation la moins coûteuse à respecter et l’une des plus souvent relevées en contrôle, parce qu’elle se constate depuis le trottoir, sans même entrer. Un inspecteur qui passe devant une devanture voit immédiatement si la carte est affichée, si elle est lisible et si les mentions attendues y figurent.

Le texte de référence date de 1987 et il est resté largement inchangé. Il distingue ce qui doit être visible de l’extérieur, ce qui doit l’être à l’intérieur, et les mentions qui accompagnent les prix. Cette page reprend chacun de ces trois volets.

En bref : à l’extérieur, un restaurant affiche les menus et cartes du jour ainsi qu’une liste comportant au minimum le prix de cinq vins, ou de l’ensemble des vins servis s’ils sont moins de cinq. Cet affichage doit être visible et lisible de l’extérieur pendant le service, et dès le milieu de la matinée pour le déjeuner comme dès le début de soirée pour le dîner. À l’intérieur, la carte complète est mise à disposition du client avant qu’il commande. Les prix s’entendent toutes taxes et service compris, et la mention doit apparaître.

Que faut-il afficher à l’extérieur ?

Deux documents distincts, et la seconde exigence est celle qu’on oublie le plus souvent.

Les menus et les cartes du jour. Ce sont les prestations effectivement proposées le jour même, avec leurs prix. Une carte affichée qui ne correspond plus à ce qui est servi est une non-conformité au même titre qu’une carte absente.

Une liste de boissons. Elle doit comporter au minimum le prix de cinq vins ; lorsque l’établissement en propose moins de cinq, le prix de l’ensemble des vins servis. Un établissement qui ne sert pas de vin affiche les prix des boissons couramment servies.

L’affichage doit être visible et lisible depuis l’extérieur, ce qui exclut une carte placée derrière une vitrine teintée ou à une hauteur qui la rend illisible. Il doit être en place pendant toute la durée du service, et au plus tard dès le milieu de la matinée pour le déjeuner et le début de soirée pour le dîner.

Cette obligation de plage horaire est la plus mal connue. Un établissement qui n’affiche sa carte qu’à l’ouverture des portes est en défaut : l’objet du texte est précisément de permettre au passant de comparer avant d’entrer.

Que faut-il afficher à l’intérieur ?

Élément Exigence Erreur fréquente
Carte des mets Liste par catégorie avec le prix de chaque prestation Prix manquants sur les suggestions du jour
Carte des boissons Document distinct ou intégré, prix par contenance Verre de vin sans contenance indiquée
Mise à disposition Document lisible directement par le client avant commande Carte remise après installation seulement sur demande
Mention du service Prix toutes taxes et service compris Mention absente ou en très petits caractères
Suppléments Toute prestation payante annoncée avec son prix Supplément de sauce ou de garniture non affiché

La ligne des contenances est celle qui donne lieu au plus grand nombre d’observations. Un vin au verre doit être vendu à une contenance annoncée, et cette contenance doit figurer sur la carte. Il en va de même pour la bière pression et pour les boissons chaudes servies en différents formats.

Que signifie service compris ?

Le prix affiché est celui que le client paiera effectivement, taxes et service inclus. Lorsqu’un service est perçu, la mention « prix service compris » doit apparaître.

Trois conséquences pratiques en découlent.

  • Aucun supplément ne peut être ajouté à l’addition au titre du service. Un pourcentage ajouté en fin de note est irrégulier si le prix était annoncé service compris.
  • Le pourboire reste libre et distinct. Il vient en plus, à la discrétion du client, et ne peut pas être présenté comme obligatoire.
  • Les prestations annexes doivent être annoncées. Un couvert facturé, une carafe payante, un supplément de terrasse ne peuvent apparaître qu’à condition d’avoir été affichés.

Le traitement des pourboires du côté du personnel est un sujet distinct, abordé dans notre rubrique équipe et service.

Comment traiter la terrasse et l’ardoise ?

La terrasse ne crée pas d’exception : les prix pratiqués doivent être affichés, et s’ils diffèrent de ceux de la salle, cette différence doit être portée à la connaissance du client avant la commande.

La pratique de deux tarifs, salle et terrasse, n’est pas interdite en elle-même. Ce qui l’est, c’est de la pratiquer sans l’annoncer. Un client installé en terrasse qui découvre à l’addition un tarif supérieur est fondé à contester.

Quant à l’ardoise, elle est parfaitement admise à condition qu’elle soit lisible et qu’elle comporte les prix. Deux précautions valent d’être prises : effacer les plats qui ne sont plus servis, et vérifier la lisibilité depuis la place du client, qui n’est pas celle de la personne qui écrit.

L’autorisation d’exploiter une terrasse sur le domaine public relève d’un autre régime, traité dans notre rubrique réglementation et affichage.

Que faut-il afficher en plus des prix ?

L’affichage des prix n’est qu’une des obligations visibles en salle. Quatre autres s’y ajoutent, avec des fondements juridiques différents.

  1. L’information sur les allergènes, écrite et accessible sans demande du client, détaillée dans notre page sur les allergènes en restaurant.
  2. L’interdiction de fumer, par une signalisation apparente rappelant le principe et les sanctions encourues.
  3. La licence détenue, matérialisée par un panneau visible de l’extérieur, et les affiches relatives à la protection des mineurs.
  4. L’origine des viandes bovines, dont l’indication est obligatoire pour les viandes servies en restauration.

Ces obligations relèvent de textes distincts et sont contrôlées par des services différents, ce qui explique qu’un établissement puisse être en règle sur l’une et en défaut sur l’autre.

Que risque un établissement en défaut ?

Le manquement aux règles d’affichage des prix est sanctionné par une amende administrative, prononcée par les services de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Deux points méritent d’être connus. Le premier est que ces contrôles sont fréquents et peu coûteux à mener : ils se font souvent sans entrer, en photographiant la devanture. Le second est que la régularisation est immédiate et gratuite, ce qui rend le manquement d’autant plus difficile à justifier.

Un risque distinct existe lorsque l’écart porte sur le prix payé : une addition supérieure au prix affiché relève de la pratique commerciale trompeuse, avec des conséquences autrement plus lourdes que l’amende d’affichage.

La règle pratique tient en une phrase : ce qui est affiché est ce qui est dû. Le prix annoncé engage l’établissement, y compris lorsqu’il résulte d’une erreur d’impression.

Questions fréquentes

Le menu doit-il être affiché toute la journée ?

L’affichage extérieur est exigé pendant la durée du service et, pour chaque service, à partir d’une heure fixée par le texte, soit dès le milieu de la matinée pour le déjeuner et dès le début de soirée pour le dîner. En dehors de ces plages, l’obligation ne s’impose plus, mais laisser la carte visible ne présente aucun inconvénient.

Un menu sur écran ou par code à scanner est-il valable ?

Un support numérique est admis à l’intérieur dès lors que le client peut le consulter avant de commander. Pour l’affichage extérieur, il doit rester visible et lisible depuis la voie publique, ce qu’un code à scanner ne permet pas à lui seul.

Les prix doivent-ils figurer en euros toutes taxes comprises ?

Oui, le prix affiché est le prix effectivement payé par le consommateur, en euros, toutes taxes comprises et service compris. La ventilation entre les taux relève de la comptabilité et n’a pas à apparaître sur la carte.

Faut-il afficher le prix du café et de l’eau ?

Toutes les boissons servies doivent figurer avec leur prix sur la carte des boissons. L’eau du robinet servie gratuitement, en revanche, n’est pas une prestation payante et n’a pas de prix à afficher.

Peut-on changer les prix en cours de journée ?

Rien ne l’interdit, à condition que l’affichage soit mis à jour avant la prise de commande. Un client qui a commandé sur la base d’un prix affiché doit se voir appliquer ce prix, quelle que soit la modification intervenue ensuite.

À garder en tête : cette page décrit les obligations d’affichage à sa date de mise à jour. Des règles locales peuvent s’y ajouter, notamment pour les terrasses et les enseignes, et des obligations propres à certaines activités existent. En cas de doute sur une situation précise, les services départementaux de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes restent l’interlocuteur compétent.

Sources

Sources consultées le 22 septembre 2026.

  1. Légifrance, arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place : legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000338985
  2. Légifrance, arrêté du 29 juin 1990 modifiant l’arrêté du 27 mars 1987 : legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000167301
  3. Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, fiche pratique restaurants : economie.gouv.fr/dgccrf
  4. Légifrance, code de la consommation, information du consommateur sur les prix : legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006069565